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Cette fiche technique a été rédigée par Alternatiba et le RAC
Voir également les mesures 9, 11, 13, 14, 15, 16 et 23.
La logistique urbaine est un levier important sur lesquelles les collectivités peuvent agir avec pour double objectif de désencombrer les villes des transports et de limiter les émissions de gaz a effet de serre produites par le transport des marchandises. Ce double avantage nécessite d’organiser et de penser différemment la distribution : comme les points de livraison des colis individuels, la logistique urbaine centralise les marchandises et rationalise sa distribution avec des points relais.
Le développement d’une logistique moderne, écologique et efficiente doit permettre d’acheminer dans les meilleures conditions écologiques et sociales possibles les marchandises qui entrent, sortent et circulent dans le territoire d’une collectivité. Celle-ci peut et doit définir des règles écologiques et organiser l’approvisionnement et la distribution des marchandises de son territoire, en favorisant également une activité de circuits de proximité.
Il s’agit donc de développer une logistique urbaine adaptée aux centres urbains :
Interdiction des poids lourds affichant une vignette crit’air supérieur ou égal à 2 d’ici 2025
Diminution de la part des poids lourds dans la zone urbaine de 75% en 2025
Interdiction des poids lourds dans la zone urbaine en 2025
Qu’est ce qu’une commune peut faire ? : -> Sensibiliser les acteurs locaux à l’enjeu de la logistique urbaine :
Des bonnes pratiques : plusieurs étapes pour mettre en œuvre une politique de logistique urbaine : (cf Ademe)
Les poids lourds sont responsables de près d’un quart des émissions de GES dans le secteur mobilité :
En désengorgeant le réseau urbain, les zones logistiques urbaines diminuent les problèmes de santé liés à la pollution :
Développer la logistique urbaine entrainera des changements globaux importants : cela rendra nécessaire le fait de chercher de nouvelles alternatives car en limitant ou interdisant la possibilité de livrer à domicile et au plus proche des centres villes, on déclenche un transfert de charge, ce qui fait perdre l’avantage du transport routier par rapport au fret (transport ferré, fluvial ou maritime). C’est pourtant un impensé des collectivités : la gestion des flux de marchandises sur le territoire constitue un enjeu important, dont assez peu de collectivités se sont emparées à l’heure actuelle.
Cette meilleure logistique urbaine permet des économies. Les zones logistiques urbaines permettent ainsi une meilleure maîtrise des temps de livraison, une meilleure adaptation du matériel à son utilisation, elles facilitent les synergies entre opérateurs et diminuent les coûts de desserte.
Une meilleure logistique urbaine, c’est aussi moins de conflits d’utilisation dans l’espace urbain.
Cette mesure est acceptable et réalisable car :
Il suffirait de faire des poids lourds électriques ? Les poids lourds effectuant des trajets longs et transportant de grosses charges, un passage à l’électrique ne semble envisageable que par la création d’infrastructures spécifiques “autoroutes électriques” irréalisables.
Est-ce que nous manquons de moyens ? Développer une meilleure logistique urbaine n’est pas une question de montant mais une question d’allocation des ressources. En effet, la société dépense des sommes très importantes pour créer des villes adaptées aux voitures et poids lourds, alors que nous devons changer notre mobilité. Chaque année, les pouvoirs publics dépensent 50 milliards d’euros pour construire, gérer et entretenir les places de stationnement, notamment dans les villes. Chaque année, les pouvoirs publics dépensent 101 milliards d’euros pour gérer les effets de la pollution de l’air qui est largement due… aux véhicules circulant dans les villes. Il faudrait ajouter à ces dépenses celles qui sont faites par les collectivités pour nettoyer et entretenir des rues abîmées par le passage de centaines de milliers de véhicules quotidiennement, et les centaines de milliers d’heures de travail perdues dans les embouteillages urbains.
La Rochelle (75 736 hab.) : Projet ELCIDIS Afin de réduire les pollutions et les encombrements dus aux livraisons de marchandises dans le centre-Ville, La Rochelle a initié en 2001 le projet Elcidis, confié en 2006 à Proxiway par DSP. Elcidis est ouvert à la livraison aux entreprises ou à domicile. Une plateforme de 700 m² a été construite à proximité du centre-Ville. Les derniers kilomètres de livraison sont assurés par 5 véhicules électriques. Depuis 2001, 383 200 km ont été parcourus, entraînant une économie de 88 t CO2 et 34 800 l de carburant, la création de 5 emplois durables, une diminution du trafic et du bruit aux abords des commerces, et un gain estimé par les transporteurs à 3h de circulation par camion et par jour. En savoir plus : Fiche ADEME Poitou Charente et sur l’Observatoire Régional des Transports Poitou-Charente